mardi 29 septembre 2015

Réflexions amusées d'une hospitalisée - la compil'



Suite de mes aventures oblige, (t'inquiète, je vais bien :D ) j'ai récemment fait un petit détour par la clinique. Une définition de l'hosto est en préparation, mais en attendant, voici quelques petites anecdotes : du bon, du cru, rien que du vécu !

16 septembre
Le monde hospitalier, un lieu hostile à l'intimité ?
Un petit sujet de thèse intéressant, ma foi...

18 septembre
Manger quelques jours à l'hosto comporte plein d'avantages :
- tu perds du poids sans efforts,
- tu sais que tu vas apprécier le resto d'entreprise en retournant au boulot, 
- tu te fais rapidement plein de fric en mettant en place un réseau clandestin de distribution de galettes de riz pour celles et ceux qui ne supportent pas la vie Koh Lantesque...

19 septembre
Un réveil à l'hosto, par Abra Cadaboob.
A 5:58 tapantes, la porte s'ouvre aussi brusquement que bruyamment sur 2 aides-soigantes qui s'engouffrent dans ma chambre.
- BONJOUR MADAAAAAME !!
- ... Rmf ?
- VOUS AVEZ BIEN DORMIIIII ? ON VIENT PRENDRE VOTRE TENSIOOOON !
- Arrrgl...
- AH BEN DIS DONC, VOUS AVEZ UNE TENSION DROL'MENT ELEVEE AU REVEIL !!
- ... 

Je suis en train d'élaborer un plan de sauvegarde arterielle. Cette nuit, je piège l'entrée de ma chambre...

20 septembre
"Je me heurte parfois à une telle incompréhension de la part de mes contemporains qu’un épouvantable doute m’étreint: suis-je bien de cette planète ? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu’eux sont d’ailleurs ?"
Pierre Desproges
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Les péripéties d'une amazone reconvertie - par Abra Cadaboob.
Episode 26 : Empirisme raté
Hier : plateau de petit déjeuner déposé à 8h00 avec tentative de retrait à 8h13 avec un "Ah bon ? Vous n'avez pas terminé? "
Aujourd'hui : plateau déposé à 7h25 alors que je me suis pas encore remise du réveil de 5h20. Pas encore faim mais de peur de voir ma pitance s'envoler en pleine phase de sommeil paradoxal, absorption rapide et partielle du contenu du plateau.. qui est encore là, 1h30 plus tard...
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Rêverie papillesque
Tu es si jolie, toi, la pulpeuse...
Je te vois bien assortie, si juteuse,
A ces feuilles tendres et craquantes,
Arrosée d'une pluie fine scintillante,
Du mariage fin et délicieux
D'émeraude et de nectar sirupeux !

Une simple envie de salade verte-tomate huile d'olive-balsamique NORMALE, à l'hosto, ça rend poète..
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- Toc
- ...
Porte de la chambre qui s'ouvre
- Madame Cadabraaaaa ?
- Euh, je suis dans la salle de bain ! Je m'habille !
Porte de la salle de bain qui s'ouvre...
- Comment allez-vous aujourd'hui ?
- Euh.. ben... un peu nue, quoi...
- Tant mieux, on peut mieux regarder le pansement, comme ça...
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Quand tu rentres à l'hosto, tu sais que tu risques d'y laisser quelques bouts de toi, comme :
- de l'ADN,
- du sang,
- ton dentier,
- des cellules...
Par contre, tu le sais pas, mais tu risques d'y perdre aussi :
- ta patience,
- ton sens de l'humour,
- ta dignité.

21 septembre
Aujourd'hui, truc de ouf !!
On a frappé alors que j'étais aux toilettes (oui, même les magiciennes vont aux toilettes, c'est pour faire sortir des étoiles filantes de leur nombril...).
Une personne (infirmière ? aide-soignante ?) est entrée dans la chambre, et, n'y voyant personne et observant que la porte de la salle de bains était fermée, elle ne m'a pas appelée, n'a pas tenté de rentrer dans les toilettes, toussa... Non...
Elle est... RESSORTIE !! OUI !! RESSORTIE !!
Depuis une semaine, j'ai peut-être perdu une partie de ma dignité, mais pas encore toute trace d'espoir !
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7è jour de détention pour Abra Cadabra
Après une semaine,le sujet ayant été scruté dans tous ses recoins et tous ses états, celle-ci ne comporte finalement aucun intérêt pour le milieu médical.
Elle n'aura même pas été capable de faire des complications simples, de type petit oedème ou encore surdose médicamenteuse. On dit qu'elle aurait même résisté à la nourriture sans déclencher d'intoxication alimentaire !
L'espèce serait donc humiliation-proof et non soluble dans les antalgiques.
La réintroduction dans son environnement naturel serait prévue pour demain, avec, comme terrain d'observation, le retour aux sources hostiles d'une tribu lécheuse de poire.
Les éthologues sont prêts.
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- Et pourquoi vous enlevez l'aiguille, là ?
- Parce que. J'enlève l'aiguille.
- Ah... Et les Fémoinmalkançafémal 1 000 mg, vous me les donnez pas ? On m'a dit de les prendre impérativement à minuit...
- Non. Seulement si ça fait mal.
- Ben d'hab je les prends systématiquement parce que si j'attends, ça fait vraiment TRES mal...
- Non. Vous appellerez.
- Ah... Euh, OK. Et là, pour le drain, pourquoi vous notez 10 alors qu'il y a zéro ?
- Parce que.
- Ah... Ok...
Elle part puis revient :
- Finalement, je vous donne les Fémoinmalkançafémal, il faut impérativement les prendre à minuit.
- Ah OK, final...
- Et si vous avez besoin dans la nuit, n'hésitez pas.
- Euh, c'est gentil mais non, mer...
- Bonne nuit.

Grâce au fabuleux système des rotations d'équipe, cette nuit, je crois que je vais expérimenter le goulag...

22 septembre
Libérééééééééée ! Délivrééééééééééééée !
Je n'y mangerai plus jamaaaaaaaaaaais !
... Enfin, jusqu'à la prochaine fois

vendredi 4 septembre 2015

Communication, mon amour




"Mais tu vas arrêter de me mâcher cette manche, oui !!", entends-je dans la cours de l'école par une maman excédée, semble-t-il, de répéter la même chose à son petit dont la manche est trempée jusqu'au coude.
Je suis choquée. Oui, cette maman est énervée, c'est évident, oui, le ton marque bien l'agacement... Mais non, je ne suis pas choquée par ça, étant moi-même bien coutumière de la chose, me retrouvant maintes fois aux prises avec l'irritation montante de répéter 30 fois la même chose à ma progéniture.

Mais qu'est ce qui me hérisse le poil, alors ?

Eh bien c'est une toute petite chose. Un rien qui se glisse dans la phrase et qui change tout. Un petit "me" qui n'a rien à faire là et qui vient mettre la pagaille et instiller une culpabilité qui n'a rien à faire là non plus.
Mais voilà. Les habitudes, la culture, les réflexes sont là, invisibles, sans que nous en soyons conscients. On a toujours entendu nos parents parler comme ça, on ne se pose même pas la question d'où ça vient et pourquoi c'est là.
Et pourtant, si on le faisait, on se rendrait compte que parfois, les tournures ont grande importance et les utiliser peut être critique.
Donc, "tu vas arrêter de ME mâcher cette manche" n'est non seulement pas correct grammaticalement, mais en plus, ajoute une direction à l'action : MOI.
Du coup, quand on ajoute un ME ou un NOUS dans la phrase, on accuse l'autre de ME ou NOUS faire quelque chose.
Là, en l’occurrence, le truc qui est tout déformé parce que mâchouillé à jusqu'à la fibre, c'est pas la maman, c'est la manche.
Quand un enfant se réveille dans la nuit, a mal aux gencives parce que des petites quenottes naissantes le taquinent, il ne NOUS fait pas ses dents ! Il fait ses dents, c'est tout.
Et étonnamment, il ne le fait pas exprès ! Dingue !
Et quand tu parles comme ça, du coup, ton tout petit est bien empêtré dans sa douleur et son inconfort, mais en plus, il entend qu'il fait quelque chose de pas bien à papa ou maman.

Ben oui, ça a un impact sur maman, sur papa ou tonton Eudes, parce que ça peut avoir comme conséquence d'avoir un t-shirt à laver, une nuit difficile ou encore un appel chez le médecin à passer... Certes. Mais faut pas non plus virer parano, c'est pas mal-intentionné a priori, et encore moins contre toi.

Quand tu as entendu ça toute ton enfance, plus tard, quand ton pote te dit "Mais qu'est-ce que tu nous fais, là ?" quand tu as une grippe carabinée et que tu n'es pas en état de venir à la super fiesta organisée par Robert, ben tu entends que c'est quand même pas sympa d'avoir la grippe, et que t'aurais pu être plus cool avec tes potes en étant en pleine forme.
Mais bon, c'est pas grave, ça te choque même pas, t'as l'habitude de culpabiliser, depuis le temps... Pare que tout petit, tu entendais aussi des "Arrête de faire crier ta mère !!" que ton père pouvait te lancer au Nième pétage de plomb maternel parce que tu ne voulais pas collaborer pour ranger ta chambre. Là, non seulement tu ne coopérais pas, mais en plus, on te faisait croire que tu avais un pouvoir spécifique sur les cordes vocale de ta daronne.

Autant que tu le saches, maintenant que tu as grandi, tu n'as pas de télécommande te permettant d'activer les octaves. Tu as une seule responsabilité, celle qui TE concerne, toi, tes actes et tes émotions. Et maintenant que tu as aussi des enfants, tu sais que parfois, pour la même connerie, en fonction de ton humeur, de ta journée et tes états d'âmes, tu hurleras, riras, grogneras ou t'en foutras royalement. En gros, ça dépendra de TOI ! et pas de ton fils qui n'a pas fait ci ou a cassé ça.

Alors même si tu l'as entendu quand tu étais petit(e), rien ne t'empêche de changer la construction de la phrase, la trajectoire des mots quand ils sont prêts à sortir.
Et si tu dis à tes cops que ton petit a fait une varicelle, dis-leur qu'il a fait une varicelle, pas qu'il T'a fait une varicelle. Parce que c'est pas à toi, qu'il a collé des boutons, mais bien à lui.






mardi 18 août 2015

Groove is in the heart

On fabrique soi-même la couleur de ses lunettes.

Parfois, les verres sont noirs, parfois gris, parfois roses... Et parfois multicolores.
Et que voit-on, dans ses lunettes ? Eh bien la réalité teintée de la même couleur.
Et qu'est-ce qui t'empêche de changer la couleur de tes lunettes ? Eh bien toi, pardi !
Ben oui ! Toi !
Alors oui, tu vas me dire, lorsque ton compte est à sec, que tu vas subir une troisième amputation de la jambe droite et que ta vie sentimentale ressemble à s'y méprendre à un espace sablonneux du nord de l'Afrique, changer de couleur de lunettes s'avère laborieux. Certes. Mais j'ai la fâcheuse manie de penser que cela reste néanmoins possible.

L'autre jour, en regardant "Le Petit Prince", le film de Mark Osborne, inspiré du conte magnifique de Saint-Exupéry que j'ai lu trois fois, j'ai repris une petite droite dans la mâchoire, un petit uppercut bien placé sous le menton, avec, pour finir, un petit mawashi-geri dans l'estomac.
Non, t'inquiète, ce film n'est pas dangereux, tu peux y aller... Mais prépare-toi tout de même à te reprendre quelques leçons de vie au passage.

Parce qu'il y a "la vie", et "LA Vie"...

Il y a celle que tu subis, tous les jours, les contraintes, les "il faut", les "je dois", les petites obligations qui font que tu sens parfois de la lourdeur dans ton quotidien.
Il y a les "j'aimerais bien mais", les "un jour, peut-être", les "si je pouvais"...
Et puis, il y a encore les "c'est impossible", ou les "c'est trop compliqué".

Et il y a celle que tu choisis, celle que tu inventes ou réinventes, les "j'y vais !", les "et si.. ?", les "pourquoi pas ?", les "allons-y !"
Oh, évidemment, la couleur de tes lunettes n'empêche pas les coups durs d'arriver, le quotidien de s'installer, certes non. Par contre, ce qu'elle fait, c'est qu'elle les nimbe d'une jolie teinte patinée, leur donnant un éclairage dédié. Et ça, c'est toi qui le fais.
Car cette vie-là, tu peux prendre le temps de la peindre un peu chaque jour de ta couleur préférée. Parce qu'en plus d'avoir des lunettes colorées, tu as aussi un pinceau et une palette à portée de main et toi seul(e) est l'auteur(e) de tes tableaux.
Étonnamment, tu ne te rappelles pas toujours où tu les as rangés, ni même parfois que tu en as.

Et c'est cela, que le Petit Prince m'a rappelé. Il m'a répété qu'il n'est pas dangereux de grandir, non... mais que le danger réside dans l'oubli. L'oubli des étoiles qui brillent toujours dans notre ciel, l'oubli de la candeur, l'oubli de la beauté.
Le danger réside dans l'abandon de son pinceau et de sa palette, dans la croyance qu'on ne peut plus jamais changer de couleur de verres de lunettes...

Si cela arrive, il est alors important d'en prendre conscience et d'aller faire un petit tour dans la salle des couleurs perdues.
Quoi ? Tu sais pas où elle est ? Pffff... Allez, prends ton GPS (Groove Positioning System), et il devrait te montrer le chemin, parce que c'est là que tu trouveras tout ça... Tu sais, là où le boum-boum de la Vie se fait entendre à intervalles réguliers, dans le berceau de tes rêves délaissés. Une fois connecté, il te permettra de te remémorer, et, si tu le souhaites, de choisir, autour de toi, de tout recolorier...


mercredi 12 août 2015

Wall-E





L'homme a-t-il un tel besoin de communiquer qu'il invente non plus des moyens de communication, mais des émetteurs ?

L'autre jour, au détour d'un petit déjeuner dominical qui s'éternisait, mon oreille fut attirée par ce qui se disait à la radio*. Cela traitait de la réussite de la conception d'un robot humanoïde d'1m40, et son "papa" venait parler de lui et de ses compétences.

A quoi est destiné ce robot ? A devenir le compagnon servile de l'homme, le domestique parfait, l'ange gardien de rêve.
Ce robot a des capacités étonnantes, dont celle de communiquer, répondre à des questions simples, limite être empathique. Une de ses destinations est de devenir le compagnon de personnes en état de dépendance (personnes âgées ou en situation de handicap...), et de les servir au quotidien (chercher des objets dans l'appartement, rappeler des rendez-vous ou encore suggérer à la personne d'appeler ses proches - ceux qu'il remplace, peut-être...). Cela dit, à l'instar de la télécommande initialement conçue pour des personnes étant dans l'incapacité de se déplacer, ce robot est destiné à être un jour à la disposition de tous...

A l'écouter, j'ai plongé dans un monde qui m'en a étrangement rappelé un autre...
Et là, paf ! Je me rappelle ! Wall-E !! Ca me rappelle Wall-E, ce gentil robot compacteur de déchets métalliques qui ramène l'humanité sur sa planète originelle !
Cela dit, en écoutant l'émission, ce qui me sautait aux oreilles n'était pas ce dénouement heureux de recolonisation de notre berceau natal, non, pas vraiement. La clochette tintait plutôt par rapport au début de l'histoire, celle qui pourrait bien être la fin de la nôtre...

Parce que voilà. Je suis loin d'être anti-progrès, la preuve, les nouvelles technologies font partie de ma vie, j'écris via un ordinateur, mon smartphone ne me quitte pas et j'adore courir avec mon Ipod... Et en même temps, je commence à flipper sur la tournure que prennent les choses depuis quelques années. Aujourd'hui, il est clair que l'homme est en train de se tirer une balle dans le pied.
Certes, on le sait depuis longtemps, mais là, ça devient presque Kafkaïen... On se retrouve désormais à inventer des substituts à des choses qui existent et qui, du coup, vont disparaître à cause de la mise en place dudit substitut... tu me suis ? Bon.

Donc, on invente des trucs qui t'assistent au quotidien, on automatise un max tous les objets qui t'entourent, et non seulement on te fait payer le coût du progrès, mais en plus, tu n'as plus la possibilité de les réparer s'ils tombent en panne : trop complexes. En gros, on te rend dépendant et consommateur.

Donc, en 2015, à l'heure où l'humanité croît à une vitesse vertigineuse, où le manque d'emplois fleurit à chaque coin d'ordinateur là où normalement chacun pourrait trouver sa place et son rôle, on préfère, au lieu d'aider à un développement dans ce sens, accueillir le robot qu'on appellera Marie-Philomène en souvenir à la tata éponyme qui s'occupait si bien de tout le monde, et on va se passer des services de ces personnes qui venaient si volontiers s'occuper de tonton Eustache qui n'a plus toute sa tête, ni toutes ses jambes. C'est à se marcher sur la tête...

Donc, le robot lui dira quel temps il fait, lui demandera comment il va, et lui rappellera qu'il faut appeler Robert, parce que ça fait bien 3 semaines qu'il n'a pas donné de nouvelles, ce fils indigne... Quelle ironie !
Mais de toute façon, Robert ne répondra pas parce qu'il sait son papounet entre de bonnes "mains", lui qui n'aspire qu'à son bonheur...

Et au nom du progrès, on communique par écrit quand on est à 20m de son interlocuteur et on se plaint du stress qu'engendrent trop de messages dans sa boîte mail, on prend l'ascenseur pour 1 étage et on se plaint de ne pas faire assez d'exercice, on s'en remet à internet pour résoudre tous ses problèmes de solitude sans sortir de chez soi, et on s'étonne de se sentir de plus en plus déprimé.

Au vu de l'inéluctabilité du truc, et donc, au nom du progrès, j'espère bien qu'un jour quelqu'un va développer un programme avec de l'amour à l'intérieur, parce qu'à force de ne plus s'en donner en vrai et en direct, l'humain va sécher comme une branche tombée au pied de son propre arbre, sciée par elle-même, et je suis certaine qu'on se demandera encore pourquoi.




*France Inter, si tu veux savoir, et c'était le 28/06 à 10h au cas où tu aimerais écouter l'émission en question

dimanche 9 août 2015

Logo-Rallye 14 : L'accord






La suite de nos aventures (texte précédent : Scène de ménage) a été écrite d'après les mots proposés suivants : Taboulé, Bottleneck, Mouche, Scrofuleux, Coquillages, Eclair, Vacances, Mi-molle, Cyphose, Eczéma, Samarcande, Rubis.



Célestine ne parut pas entendre cette dernière phrase. Au moment-même où Jean-Philémon lui déclarait sa flamme, un cri rauque s'était fait entendre du côté de Grxz. Il venait de se recroqueviller d'un coup et tout son corps se couvrit d'une sorte d'eczéma rosacé purulent. Il était parfaitement répugnant et il fallait avoir l'estomac bien accroché pour le regarder.
Cela rappela à Jean-Philémon ce mendiant scrofuleux qu'il avait croisé à Samarcande lors d'une expédition ouzbèke quelques années auparavant. A l'époque, il avait failli vomir son taboulé, mais comme là, il n'avait plus rien à vomir, il fut plus serein. Cela dit, à ce sujet seulement. Parce que pour le reste, Grxz venait tout de même d'anéantir sa déclaration. Rien que pour cela, il lui donna un coup de pied rageur au niveau de la cyphose sacral. Coup certes gratuit mais ô combien défoulant !

- Mieux vaut tard que jamais, hein... dit-il à la pauvre créature boursouflée.

Il fut étonné de l'accueil qu'avait reçu son pied : la texture qu'il avait heurtée semblait bizarre... Pas comme un dos normal, avec la structure osseuse qu'il se doit et tutti cuanti, non, mais plutôt une masse mi-molle qui avait semblé amortir le choc.

A ce constat, Célestine fut de nouveau partagée entre le dégoût et la pitié. Elle s'accroupit près de la créature, tout en restant sur ses gardes et en mettant sur son nez le mouchoir décoré de coquillages qu'elle trouva dans son sac, pour se protéger des odeurs qui se dégageaient du corps devant elle.

- Ecoutez, lui dit-elle doucement, nous ne vous voulons pas de mal. Nous vous promettons de ne rien tenter, voire de vous protéger, si vous pouvez nous promettre que vous ne ferez pas de mal à une mouche. Vous me comprenez ?

La créature se tourna et la regarda piteusement avec des yeux couleur rubis. Il était vraiment difficile à regarder.

- Gklampds...
- Mince, il ne parle pas notre langue, j'aurais dû m'en douter...
- Zi Zi, ai ai ud du al a a i u er... 
- Jean-Phil ! Vous entendez, il essaie de nous parler !
- Voui, ma mie ! Quel est-donc cet idiome inconnu ?
- and e ai eau, gauz anzai !
- JE NE VOUS COM-PRENDS PAS ! articula Jean-Philémon en appuyant bien sur les syllabes et en parlant bien fort.
- Ui ba zour ! grogna Grxz en enfilant ses deux index filiformes dans ce qui semblait lui servir d'oreilles. Il tenta de s'asseoir et se massa la mâchoire. Je... dis gue... ai du bal a a-diguler...
- Ca ressemble à notre langue !!! sursauta Célestine.
- Que disiez-vous, Mons... euh... Vous pouvez répeter ?
- Je disais... "j'ai du mal à articuler", "bande de blaireaux, j'cause français" et "chuis pas sourd" !, répéta Grxz calmement et en prenant soin d'articuler pour être compris. Non seulement sa mâchoire se rétablissait en un éclair mais les scrofules semblaient s'estomper...

Jean-Philémon en était comme deux ronds de flan. Il ne trouva rien à dire.
- Et chuis ok avec vot' deal si vous arrêtez de m'envoyer vos trucs dégueux dans le bottleneck, ça m'fera des vacances !

- Incroyable ! parvint à murmurer Célestine. Il parle même l'argot...

- Ouais, bon, ça va, la greluche, tu vas t'en r'mettre !

Célestine se redressa d'un bond et failli lui envoyer de nouveau un coup de sac dans l'abdomen. Elle se retint in extremis, au nom de l'accord qui venait juste d'être passé.

- Vous parlez très bien, en effet... Evitez seulement de m'appeler une nouvelle fois comme ça ou je me ferai un plaisir de rompre le deal en vous en remettant une bien placée... dit-elle la mâchoire serrée par l'énervement.






Et la suite ?

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mardi 7 juillet 2015

Logo-Rallye 13 : Scène de ménage



La suite de nos aventures (texte précédent : Bas les pattes !) a été écrite d'après les mots proposés suivants : Callipyge, Pot de chambre, Fumoir, Shooter, Lunatique, Lavandes, Poster, Poireau.



La créature auparavant callipyge et fortement érotique s'était transformée en un homme luxueusement vêtu mais dont l'aspect restait assez repoussant, et dont l'haleine refoulait le pot de chambre. 

Jean-Philémon était encore tout abasourdi de tout ce remue-ménage, et désormais, se trouvait en outre bien confus de voir la poitrine de Célestine se soulever à mesure qu'elle reprenait son souffle. Hypnotisé par cette vision, il ne réagit pas quand Grxz tenta de se lever. Ce fut à nouveau Célestine qui se propulsa sur lui pour shooter entre ses jambes. Étonnamment, au vu de l'endroit et de la puissance du coup de pied célestinien, Grxz ne réagit que peu mais ouvrit la bouche. Il se vit tout de même renvoyé à la renverse et dans les limbes d'un monde mentholé. 

- On ne peut pas dire que vous soyez un rapide, vous ! lança Célestine à un Jean-Philémon dont les bras lui tombaient.
- ...
- Bon, OK, vous avez été top au marché... Mais là, qu'est-ce qu'il vous arrive ? Et pourquoi vous me regardez comme ça ?

Jean-Philémon la contemplait. Il la voyait nimbée d'une aura qu'il n'avait jamais observée sur quiconque. Il était comme dans un fumoir, tout étant flou autour de lui, sauf la vision céleste qui s'offrait à lui. On aurait dit un poster romantique de David Hamilton. Il était subjugué...

- Eh oh !! Vous avez buggé ou bien ? lui dit Célestine en le secouant par le bras.
Le contact le réveilla soudain et lui envoya une décharge d'énergie incroyable. Il se ressaisit et parvint à bafouiller :
- Oh ! Euh... Pardon, ma mie... Je suis... enfin... je suis vivement impressionné par votre vélocité et le courage dont vous avez fait preuve. Je vous remercie grandement de m'avoir ainsi sauvé ! Et puis... Vous êtes... Comment dire... Vous êtes si divinement gracieuse et élégante !

Célestine, qui se repassa alors en tête et en accéléré la scène de bataille, eut du mal à trouver de la grâce et de l'élégance dans ses derniers mouvements. Cela dit, elle comprit rapidement, au regard que Jean-Philémon portait à son ballon de basket, que la grâce dont il parlait semblait s'appliquer principalement à son 90D. Elle l'envoya bouler dans les lavandes :

- Non mais c'est incroyable, ça ! Nous sommes en train de vivre un truc de dingue, là ! On vient de capturer un intraterrestre, et vous, non seulement vous trouvez le moyen de me conter fleurette, mais en plus de me gratifier de vos compliments qu'en fait seul mon décolleté vous inspire ! Vous êtes bien comme les autres, à fonctionner seulement avec votre poireau !

Jean-Philémon fut choqué par cette diatribe. Lui, si éperdu d'amour ! Et il trouva Célestine bien lunatique, cette damoiselle tantôt reconnaissante, tantôt agressive !

Il s'indigna :
- Ma mie ! Je suis certes interloqué par cette vision ma foi peu fréquente qu'offre votre coffre si bien dessiné, mais croyez-m'en, tel que vous me voyez, je suis sous l'emprise d'une grande admiration à votre égard ! Vous avez raison, il se passe une chose extraordinaire et ce n'est pas tant celle que vous croyez !
Et il ne parvint pas à s'arrêter :
- Je viens de tomber amoureux, pour la toute première fois de ma vie...





Et la suite ?
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