mardi 12 mai 2015

Dialogue antérieur




- T'as entendu ?
- Hein ?
- T'as pas entendu le bruit, là ? En même temps, ça nous a secoué !
- Bah non... J'pensais que c'était toi qui avais bougé.
- Non mais y a un truc qui se passe, là, c'est sûr, j'le sens...
- Pffff... Tu veux qu'il se passe quoi ?
- Ben t'as bien vu qu'on y arrive plus, là, à bouger.
- C'est vrai que ça devient vraiment petit, ici...
- Je comprends pas comment ça a pu autant rétrécir, d'abord. Au départ, on était large !
- C'est vrai... 
- T'as senti, là, comme ça a bougé !
- Carrément !
- Tu fais quoi, là ?
- Ben je sais pas, j'me sens tout drôle...
- Euh... tu vas où ?
- Je glisse ! Ca serre de partout, d'un coup !
- Hé ! Me laisse pas, hein ! Pars pas !
- Je vois une sorte de tunnel... et de la lumière au bout...
- Non mais tu délires, là ? Tu peux pas partir comme ça !
- Ca m'appelle... Je sens que c'est le moment...
- Non mais tu peux pas faire ça ! Et moi, alors ?
- Je peux pas lutter, ça m'attire... je vois la lumière... !
- Eh ooooooh ! Non mais pars pas ! Reste avec moi !!

De loin :
- Ouiiiiiiiiiiiiiiiin !!

Logo-Rallye 7 : Rêverie


La suite de nos aventures (texte précédent : Rien ne va plus !) a été écrite d'après les mots proposés suivants :
-  Chryséléphantin, Perlimpinpin, Ecriture, Bassine, Cuvette..., Brocolis, Mandoline, Venise, Mascarpone.


- Satan ! On y va !
- Wouf !
Jean-Philémon était presque aussi excité que lorsqu'il avait trouvé son premier buste chryséléphantin. Il sauta prestement hors de la tente et partit à toute allure derrière son chien qui était déjà aux trousses d'un Grxz transformable. Celui-ci filait à vive allure, sur ses pattes de nématocère, et semblait même rapetisser. Etait-il en train de redevenir la drôle de créature couleur brocolis qu'il avait vue sur son chantier de fouilles ?
- Attendez-moi ! entendit-il crier derrière lui.
Célestine courait comme une dératée pour les rattraper, et, évitant de justesse une bassine d'eau pleine de truites, faillit s'étaler sur Jean-Philémon qui venait de se retourner et qui ouvrit grand ses bras pour la réceptionner. Elle parvint à s'arrêter avant de le heurter et tenta de reprendre son souffle.
Un peu coeur d'artichaut, Jean-Philémon était déçu de n'avoir pas eu le bonheur d'accueillir la gente dame dans ses bras, et entendait déjà la mandoline qui egrénait quelques notes dans sa tête, juste avant que les violons ne s'y mettent aussi.
En indéfectible romantique, il était bien prompt à s'émouvoir et partait vite dans des scénarios de son cru, toujours bien aspergés d'eau de rose... Déjà petit, il se retrouvait souvent en fin de classe à devoir faire des pages d'écriture parce qu'il préférait à la leçon du maître ses rêveries de chevalier et de princesse à secourir.
Présentement, il se voyait sur une gondole, parcourant Venise par les eaux, chuchotant des mots doux à ce joli minois qui...
- Eh oh ! On y va ? C'est pas un coup de poudre de Perlimpinpin qui va nous le ramener ! lui lança Célestine en le tirant par la manche.
Ainsi réveillé de son errance, Jean-Philémon revint vite sur terre et se remit à courir à côté de sa dulcinée.
- Mais évidemment, très chère !

La créature filait de moins en moins vite et ils ne l'avaient pas perdue de vue. Satan la talonnait en gardant ses distances, ne retrouvant rien de connu dans sa mémoire de chien concernant cette forme bizarre, et ne sachant bien s'il fallait en être effrayé ou amusé.
Affublé d'un cerveau mou et gras comme du mascarpone, Grxz avait une mémoire assez limitée, principalement lorsqu'il était dans une phase de transformation non aboutie. Il venait d'oublier ce qu'il faisait et pourquoi il se déplaçait si vite. D'ailleurs, rien ne servait plus à Célestine, Jean-Philémon et Satan de courir, car il venait de s'installer dans une cuvette...






Et la suite ?
Toujours possible grâce à vos propositions sur https://www.facebook.com/abracadabraleblog !

lundi 11 mai 2015

Mon copain Jé



Mon copain Jé, je l'aime parce qu'il est un peu taré.
Au début, mon copain Jé, il était cuisinier.
Puis, en montagne, mon copain Jé a escaladé et guidé.
Après, mon copain Jé a accompagné, il a formé.

Et puis un jour, mon copain Jé s'est mis à douter.
Etait-il bien fait pour ça, mon copain Jé ?
N'avait-il pas, mon copain Jé, un autre chemin à cultiver ?
Quand l'évidence lui est arrivée, qu'est-ce qu'il a fait, mon copain Jé ?

Eh ben il est dev'nu potier.

Aujourd'hui, lorsque je le vois sur son tour en bois,
J'suis sûre qu'il a trouvé sa voie.
J'me dis qu'il l'a trouvé, son Dharma.
Parc'que c'est juste, ce qu'il fait là.

Mon copain Jé, ça l'empêche pas de douter,
Parce qu'il est super humain, mon copain Jé.
Humblement, il apprend, il se trompe, il refait.
Et avec son coeur, il avance, mon copain Jé.

Mon copain Jé, il est toujours un peu taré.
Mais miantenant, mon copain Jé, il est en plus potier.
Mon copain Jé, plus qu'une théière, c'est de l'Amour, qu'il crée,
Mon copain Jé, maintenant, c'est mon Copainpotier.

Et rien que pour ça, je voulais le remercier.



Pour visiter son site, c'est ici :
http://www.theiere-tasse.com
Et pour le voir créér, c'est là :
http://www.theiere-tasse.com/atelier-potier

jeudi 7 mai 2015

Autopsie d'une crise de nerfs



Tout le monde sait ça : être parent, c'est devenir schizophrène.

D'un côté, il n'est absolument pas imaginable que l'on ne considère pas tes bambins comme étant les 8è merveilles du monde (oué, ex æquo même si t'en as 6), tu es complètement accro à leurs joues, leur odeur du matin dans le cou, à leurs réflexions aussi ingénieuses que naïves, et tu as un faible pour le léchage de poire régulier et le câlin-surprise quand tu les chopes alors qu'ils passaient tranquillement à 20 cm de toi pour aller innocemment se prendre un p'tit goûter dans le placard...

Et puis de l'autre, tu es parfois traversé(e) de pulsions d'une violence inouïe comme :
- leur scotcher la bouche avec du Chatterton triple épaisseur quand tu n'as pas entendu plus de 3 secondes de silence d'affilée depuis 2 heures,
- les envoyer un mois chez Tata Hortense, dresseuse de fauves, qui pourrait peut-être arriver à bout de quelques petites mauvaises habitudes à table que tu essaies d'éradiquer depuis... tu ne sais plus depuis quand,
- leur hurler sur la bouille que tu t'en bats les couettes que "ce chevalier là soit un méchant alors que c'était l'autre le gentil (bis et rebis)" et que s'ils t'en parlent encore une fois une seule, tu vas le couper en rondelles, le gentil, et le donner à gober au méchant !
- rêver que la grâce s'abatte sur le lapin dont ils rechignent systématiquement à nettoyer la cage et qu'ils oublient régulièrement de nourrir, et qu'une diarrhée céleste l'emporte au cuniculoparadiso, le paradis des lapins heureux...

Je sais, c'est pas beau, voire, c'est mal. MAIS BORDEL DE MERDE !! BON SANG DE BOIS ! Il t'en faut peu pour ne pas virer serial killer quand cela fait 35 fois que tu expliques que non, lécher sa babine supérieure quand elle est pleine de morvouille n'est ni très hygiénique ni très distingué !

Alors bon...
Quand la crise de nerfs a été inévitable et que tu as frôlé le double infanticide (voire quadruple si les voisins étaient passés à ce moment là, même combat !), il est tout de même nécessaire de disséquer toute cette mauvaise énergie pour comprendre comment diantre tu as pu en arriver là. Et souvent, tout commence au réveil...

Primo, as-tu bien dormi ? Sinon, qu'as-tu fait pour te dynamiser la journée avant de démarrer ? Petit exercice de respiration ? Café en intraveineuse (mais attention, trop peut amener à la crise de nerfs aussi) ? Thunderstruck à fond, imitant Angus Young et sa guitare en traversant ta cuisine sur une jambe ? Non ? Alors peut-être que ça a démarré là...

Deuzio, admettons que ta nuit se soit passée comme un Noël sans ta belle-mère, à savoir merveilleusement. Au saut du lit, t'es-tu occupé(e) de toi avant tout le monde ? Non parce que c'est comme dans les avions, hein... Il faut mettre le masque à oxygène sur toi AVANT de l'installer sur le nez des autres. Bah oui, parce que de cette manière, tu es plus enclin à t'en occuper, étant toi-même en sécurité. Et attention ! S'il manque le petit truc qui fait que t'as pas l'esprit tranquille avant d'aller réveiller tout ton petit monde, ben tu risques de leur faire payer dans les minutes qui suivent l'ouverture d'yeux collés et l'haleine fétide et matinale. Alors regarde si t'as bien fait le tour de toi et que tout était paré pour le décollage (et ça, c'est PRI-MOR-DIAL ! On a déjà vu des parents tout à fait respectables partir en hôpital psychiatrique juste parce qu'ils avaient oublié de se raser ou de se maquiller AVANT de réveiller leur douce progéniture !) !

Tertio, oublie le tertio si le primo et et le deuzio n'ont pas été au top. C'était foutu d'avance...
Sinon, tu peux encore éventuellement te demander si tu as réussi à prendre soin de toi dans la journée... Petite pause café sympa avec les copains au boulot ? Gestion de chefophobie en position du lotus sur ton bureau ? Ou encore, petite marche en plein air ou temps sportif entre midi et deux ? Non plus ?

Bon, y a peut-être du boulot, alors. Parce que non seulement tu ne t'es pas trop mis dans ta ligne de mire de la journée, mais en plus, ce simple fait va contribuer à te la pourrir et la crise de nerfs va devenir inévitable.

Tout ça pour quoi, finalement ? Ah oui... encore te dire qu'il est absolument nécessaire que tu... prennes soin de toi !
Et accessoirement, file télécharger du ACDC, Guns & Roses ou encore James Brown pour les matins bien ramollos...






mercredi 6 mai 2015

In-viaggio, pour bien voyager !



Moi qui aime l'originalité, je m'en vais parfois rôder sur un site de créateurs qui commence à faire parler de lui, et oh ! que vois-je ? un joli sac sobre à l'extérieur qui cache ses couleurs à l'intérieur... Il n'en fallut pas plus à mon petit coeur pour s'émouvoir, surtout que... Quelles couleurs ! Des belles, des pétantes comme je les aime, moi qui suis restée très Punky Brewster...
 
Je craque donc, souhaitant m'assagir sur les couleurs visibles sans non plus vouloir y renoncer, et me voilà recevant mon joli sac bien avant la date escomptée.
Et là, ouvrant mon paquet, je découvre un emballage bichonné, un petit mot personnalisé écrit à la main par... La créatice herself !
Quel bonheur de se sentir aussi considérée !
 
C'est donc une Catherine aux doigts de fée qui m'a envoyé ce petit bout d'elle, sa créativité. Pas un seul bout de sac n'est laissé au hasard et tout respire l'amour de la matière, du travail bien fait : l'intérieur est magnifiquement terminé, l'extérieur est d'une grande qualité. Evidemment, ce sac, je l'ai acheté... mais en le découvrant, j'ai tout de même eu ce petit frétillement intérieur que l'on ressent quand on reçoit un cadeau.

Alors encore une fois, merci in-viaggio, merci Catherine pour cet échange de belles ondes et de beauté, de création et d'authenticité, car entre le sac lui-même et ce qu'il transmet, j'ai vraiment été gâtée.
 
 
 
 

Quand l'Amour s'en mêle


C'est évidemment quand on n'attend rien que ça nous arrive en pleine poire.
C'est le cas de Willy, Barrueco de son nom de scène. Il m'arrive, là, pile au bon moment, avec ses chansons "inspirées" et son talent.
Dans un contexte bien particulier où ma vie est telle un bateau pris dans la tempête, où chaque jour m'apporte son lot d'enseignement et de richesse, je découvre une âme magnifique qui transmet l'Amour par la chanson.
Sur les conseils d'un ami cher, j'ai regardé une vidéo qu'il avait mise à disposition. C'était le clip d'une chanson chantée a capella et à 5 voix qui reprenait le titre "(Etre) Humain" de Barrueco. L'énergie libérée par ces 5 personnes, la puissance des paroles et l'amour transmis m'ont envahie et m'ont accompagnée toute la journée d'une belle humeur.
Et puis, toujours grâce à cet ami qui m'a offert l'album Face A - Face B, j'ai eu la chance d'en découvrir davantage. C'est là que j'ai non seulement rencontré une musique très aboutie et bien rythmée, mais aussi de vraies messages transmis à travers des paroles si bien trouvées par un chanteur qui nous raconte la Vie, l'Amour, l'Amour de la Vie.
Ce matin encore, en écoutant dans la voiture "La belle remontée", j'ai été émue aux larmes tellement la chanson me "parlait", et la chanson d'après, je conduisais avec un franc sourire affiché... Que d'Amour partagé, que d'émotions envoyées par ces notes enchantées... Quel bonheur d'entendre la Vie chantée !
Cet homme est assurément "connecté"... Et comme il le dit dans une de ses chansons, "Dans "Humain", y a "Divin rayonnant" !
Et du divin, c'est sûr qu'il y en a, dans ce Barrueco tellement Humain...
Pour plus d'information sur Barrueco :
Et si vous souhaitez participer à sa belle aventure :

lundi 4 mai 2015

Logo-Rallye 6 : Rien ne va plus !




La suite de nos aventures (texte précédent : La chute) a été écrite d'après les mots proposés suivants :
- Décroissance, Réminiscence, Edelweiss, Synapse, Houx, Échappement, Écornifleur, Suffrage, Frime, Séchoir, Stégosaure, Vélociraptor, Imbroglio.


- ...
- Allez-vous bien, Madame ? s'inquiéta Jean-Philémon en retirant sa main que Célestine regardait béatement et n'avait point saisie.
Jusque là assaillie de réminiscences, celle-ci était d'un coup tout à fait sonnée et ses synapses étaient mises à rude épreuve. Un drôle de zozo venait, sous ses yeux, de se déformer la tête sans que cela ne lui pose de problème majeur, elle ne savait pas ce qu'elle faisait dans ce marché et un "Jean-Phil" plein de frime venait la sauver ! De quoi remporter tous les suffrages à l'élection de la plus bizarre bizarrerie de tous les temps ! 

Elle regarda le bonhomme ficelé et se rendit compte qu'il essayait de recracher quelque chose. Sa tête ne semblait pas trop avoir souffert de la chute, hormis une bosse sur le front dont une petite crème à l'edelweiss viendrait à bout en quelques heures. Il se tortilla violemment pour essayer de se défaire de ses liens.
- Holà, l'écornifleur ! On se calme ! lança Jean-Philémon tout en lui bouchant le nez et lui envoyant une rasade de thé à la menthe dans le gosier.
Grxz devint tout rouge et recracha ce qu'il put. La boisson eut comme effet de le calmer.
- Mais qu'est-ce que vous faites ? réussit à articuler Célestine, pourquoi le forcez-vous à boire ce thé ? Vous voyez bien qu'il n'aime pas ça !
- Ce serait un peu long à vous expliquer, très chère, mais cet homme est dangereux. Nous le suivons depuis quelques heures et avons remarqué des comportements suspects. Entre autres, il dégage par la bouche une odeur assez immonde, et je me suis dit qu'en lui envoyant un peu de fraîcheur, ça ne ferait de mal à personne. Or, cela semble aussi le calmer.
Célestine s'assit sur le tabouret en houx qui se trouvait sous la tente.
S'approchant un peu plus d'elle, Jean-Philémon osa aborder le sujet sensible.
- A vrai dire, il semblerait également que cet individu ne soit pas ce que nous pensons. Voyez-vous, je suis paléontologue, et...
- Venez-en au fait, je vous prie, j'ai besoin de clarté ! lui demanda une Célestine désorientée.
- Oui, oui, tout à fait. Quelques minutes avant qu'il vous rejoigne, nous l'avons vu, mon chien et moi, se transformer alors qu'il était une sorte de créature difforme. Il venait d'essayer de m'attaquer mais Satan l'a mis en fuite. C'est ensuite qu'il vous a hypnotisée et que vous l'avez suivi jusqu'ici.

Ne manquerait plus qu'un vélociraptor se la radine perché sur un stégosaure pour que le tableau soit complet ! Célestine était complètement perdue dans cet imbroglio. 

Pendant ce temps, Grxz qui reprenait des forces sous les yeux écarquillés du marchand berbère, réussit à entamer une décroissance de ses membres supérieurs, ce qui eut pour effet de le libérer de ses liens. Il bondit alors sur ses pieds et, se saisissant d'un séchoir sur l'étal voisin, menaça les personnes autour de lui comme s'il tenait une arme. C'eut été tout à fait risible si le séchoir n'avait pas émis une pétarade de pot d'échappement bouché faisant sursauter tout le monde. Une odeur absolument infâme se propagea alors sur le marché et quelques personnes en tombèrent même dans les vapes.
Grxz en profita alors pour prendre ses jambes à son cou, littéralement, entortillant ses jambes comme une écharpe autour de son cou, et des sortes de petites pattes de moustiques vinrent les remplacer pour s'agiter à toute vitesse, lui permettant de se déplacer avec une incroyable vélocité.

C'est ainsi que Jean-Philémon et Célestine, un mouchoir sur le nez et effarés, virent la créature s'enfuir.



Et la suite ?
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